Presse République Tchèque / Lidovky / Homecoming par Ondřej Bezr

Presse République Tchèque / Lidovky / Homecoming par Ondřej Bezr

Un trio de musiciens qui, selon toutes les règles, n’auraient pas dû se rencontrer du tout et encore moins trouver un terrain d’entente. Et pourtant, ils l’ont fait. Déjà dans la première moitié de la dernière décennie, un bluesman convaincu, brillant guitariste et chanteur captivant, Tia Gouttebel, un expert en musique traditionnelle française et virtuose de l’instrument à cordes ninura (ou vielle à roue) Gilles Chabenat et un batteur, jusqu’alors concentré sur les rythmes latino-américains, travaillant dans plusieurs groupes de jazz afro-cubain Marc Glomeau, ont commencé à expérimenter ensemble.
Ils se sont donnés le nom de Hypnotic Wheels, ont fait un album plus ou moins « pour eux et leurs amis », mais on sent déjà que quelque chose d’inédit est en train de naître ici. En 2017, ils ont effectué un « pèlerinage initiatique » dans la région du Haut-Mississippi, à peu près le seul endroit sur terre où le blues vit encore sous la forme d’un folklore vivant transmis de génération en génération, sous la forme de ce qu’on appelle le hill country blues. Ses plus célèbres représentants étaient Junior Kimbrough et RL Burnside, aujourd’hui décédés, qui ont laissé une descendance nombreuse et musicalement active.
C’est dans cet environnement que le trio Hypnotic Wheels, avec l’aide de musiciens locaux, a enregistré son premier album officiel, déjà présenté sous le nouveau nom de Muddy Gurdy. Il parvient à combiner parfaitement la sensibilité afro-américaine de l’essence hypnotique du blues avec le son d’un instrument qui semble avoir toujours appartenu au blues, même si la ninera est un instrument traditionnel européen et que son histoire dans la région française est plus que millénaire.

Retour au pays
Le deuxième album de Muddy Gurdy, actuellement en cours, s’intitule Homecoming, ou retour au pays, et c’est exactement ce qu’il symbolise aussi à plusieurs niveaux. Tout d’abord, ils ont enregistrés en France, non pas dans un studio confortable, mais dans une série d’endroits souvent étranges de leur région natale, l’Auvergne – des chapelles locales, des granges, et même au fond du cratère d’un ancien volcan. Et ce n’est pas tout : Ils collaborent également avec des musiciens folkloriques locaux, qui ont compris que les racines de la musique sont toujours les mêmes, qu’il ne s’agit que du langage (au sens propre comme au sens figuré) qu’ils utilisent pour se présenter.
Ainsi, dans le classique du blues Down In Mississippi, le cornemuseux local Louis Jacques joue aux côtés des membres de Muddy Gurdy, ajoutant une autre dimension au son, mais aussi à la nature hypnotique de la chanson, dans laquelle la guitare semble avoir été découpée dans un manuel imaginaire de « How to play hill country blues ». Mais il ne s’agit pas d’une recherche superficielle d’exotisme ou d’une simple modification de l’arrangement. Il s’agit de trouver des points de contact entre des genres musicaux qui ne se sont jamais rencontrés auparavant. Et découvrir qu’ils peuvent vraiment s’enrichir mutuellement.
Il en va de même pour l’engagement de l’harmoniciste Guillaume Vargoz, qui, tout en épaississant le son de MG’s Boogie à la Hooker, joue d’une manière complètement différente de ce que l’on a pu entendre des joueurs afro-américains. Et peut-être le « crossover local » le plus radical se produit-il lorsque le groupe est rejoint par Maxence Latrémoliere, un chanteur orienté vers un chant folklorique appelé briolage, utilisé par les agriculteurs ruraux au 18e siècle pour le labour. Son entrée sur Land’s Song et Afro Briolage renforce le sentiment d’une sorte de connexion presque païenne et profonde (et opportunément sombre) de pays et de continents par un seul nerf.
Mais l’ensemble de l’album est inhabituellement fort, avec de nombreuses chansons de blues célèbres, mais dans des arrangements que nos oreilles n’ont jamais entendus auparavant. Sans exagération.

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Chronique d’Olivier Verhelst dans le magazine belge « Back To Roots »

Un mélange de chanson française et de blues venant d’Auvergne.
Ce que Tia Gouttebel et son groupe produisent sur « Homecoming » est à la fois surprenant et rafraîchissant. L’album commence et se termine avec une reprise de l’inégalable Jessie Mae Hemphill, dans laquelle Gouttebel se rapproche de la voix de la chanteuse américaine. Cependant, au lieu de rester proche de l’original sobre, ce classique est dynamisé par une vielle. Sous l’impulsion des percussions et de la guitare électrique, il ne reste presque plus rien de l’atmosphère ringarde que l’on attribue aux instruments folkloriques. « Down In Mississippi » de JB Lenoir voyage au Massif Central avec une cornemuse plaintive. La reprise de « Another Man Done Gone » de Vera Hall est tout aussi audacieuse, dans une ambiance un peu dark et « Strange Fruit » est aussi une chanson très captivante. Mais Muddy Gurdy est le plus convaincant avec ses propres compositions, Gouttebel aurait pu en écrire plus que quatre. « Black Madonna » est un agréable negro-spiritual et « MG’s Boogie » ressemble à un John Lee Hooker rudimentaire, avec l’harmonica et la vielle générant ensemble un son unique, comme si cette combinaison était évidente. Deux titres sortent du lot : le work-song « Land’s Song », qui se transforme petit à petit en un chant français un peu cérémoniel, et « Afro Briolage », un mélange d’afrobeat et de folklore français, extrêmement hypnotique.
Dans ces deux compositions originales, Maxence Latrémolière, joue un rôle de premier plan avec ses chants dit briolages. Des perles, à découvrir. D’ailleurs, laissez-les monter sur scène cet hiver… 

Chronique d’ Olivier Verhelst qui vient de paraître dans le magazine belge Back To Roots

Chronique de Steven Ovadia (journaliste musique New Yorkais, pour Blues Blast, No Depression, Working Mojo)

« Muddy Gurdy’s Homecoming takes blues in a different direction, but it isn’t sacrilege, so much as it’s a brilliantly personal take on a beloved art form »

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Chronique dans « Chicago Blues Guide » par Marty Gunther

One of the most interesting bands on the planet, Muddy Gurdy is a trio based out of Central France. They’ve built a huge international following by coalescing the traditional music of their homeland with Afro-Caribbean rhythms and Mississippi Hill Country blues. There’s nothing else in the world like the end result: highly percussive music buried deep in the blues root.

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chronique Homecoming charlotte blues society huddy gurdy

BLUES BLAST nous gratifie d’une magnifique chronique de l’album « Homecoming »…

« Leur puissance ne réside pas dans le volume, le spectacle ou l’arrogance. Elle réside dans la subtilité et la nuance !
Rainey Wetnight (Blues Blast) . »

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BLUES BLAST – Traduction de la chronique de Rainey Wetnight. (Juin 2021) :

« Vous ne pouvez pas espérer balayer quelqu’un d’autre par la force de votre écriture tant que cela ne vous a pas été fait. » – Stephen King, On Writing : A Memoir of the Craft.
Il en va de même pour la musique. Que les musiciens de blues soient connus ou inconnus, ou qu’ils se situent entre les deux, ils ont tous une chose en commun : ils ont été emportés par la vague de sons, d’émotions et de courants subconscients des chansons qu’ils jouent. Ce n’est qu’alors qu’ils peuvent espérer faire la même chose aux autres. Ce n’est qu’alors qu’ils ont gagné le droit de s’appeler des artistes plutôt que des espoirs ou des aspirants. C’est une chose de poursuivre un rêve. C’en est une autre d’avoir un rêve qui vous poursuit, vous obsède, vous engloutit.
Muddy Gurdy, un ensemble français de drone/trance blues ésotériquement puissant, le sait bien. Écouter leur dernier album, Homecoming, revient à boire de la véritable absinthe (qui existe encore). Leur puissance ne réside pas dans le volume, le spectacle ou l’arrogance. Elle réside dans la subtilité et la nuance – deux mots auxquels certains fans sont allergiques. Si vous cherchez du LOUD, allez-y avec Walter Trout. Ce n’est pas son genre de blues. Le blues de Muddy Gurdy est fait pour être à l’écoute, pour éplucher les couches d’instrumentation jusqu’à ce que vous trouviez l’essentiel, ou pour se détendre et laisser l’essentiel vous trouver.

Sur onze numéros – quatre originaux et sept reprises – ils explorent les merveilles du blues traditionnel tout en y ajoutant leurs propres ingrédients exotiques. Prenez les deux premiers morceaux, « Lord Help the Poor and Needy » de Jessie Mae Hemphill et « Chain Gang » de Sam Cooke. Le premier est une interprétation époustouflante d’une chanson qui est aussi pertinente aujourd’hui que lorsqu’elle a été écrite à l’origine. Elle commence par l’intro acapella déchirante de Tia Gouttebel, puis explose en un plaidoyer frénétique, percussif et dur pour la pitié dans une course contre notre inévitable mortalité, « when we all rise together ». La seconde reprend une ballade de prisonniers et la transforme en un hymne angoissant de bar, avec une guitare brillante et des chants de défi. La composition originale la plus intrigante est « Land’s Song », un appel à l’action endiablé et trépignant, d’une poignance inattendue : « Je chante pour toi. Tu m’aides aussi. C’est le pouvoir d’un seul. La malchance et la douleur. Voici la pluie. Notre récolte sera-t-elle sauvée ? » Le solo français au milieu peut être incompréhensible pour le fermier américain moyen, mais le sentiment est clair comme de l’eau de roche – colère et frustration mêlées à la révérence pour la terre. « Strange Fruit » a une intro étrange, mais tout le monde sait (ou devrait savoir) quel est le « fruit ». « Tell Me You Love Me » termine sur une note optimiste et pleine d’espoir, le seul titre dansant de l’album.
Muddy Gurdy est composé de Tia Gouttebel au chant et à la guitare, Giles Chabenat à la vielle à roue et Marc Glomeau aux percussions et au chant. Les invités spéciaux sont Eric et Didier Champion, Maxence Latremoliere, Louis Jacques et Guillaume Vargoz.Le blues de Muddy Gurdy est sauvage, en roue libre, inattendu. N’essayez pas de le comprendre. Laissez-vous plutôt emporter par ce CD envoûtant. Peut-être aurez-vous votre propre Homecoming !